Au pied des volcans entourés des lacs

Hello les lecteurs ! je sais, je sais beaucoup d’entre vous s’impatientaient et se rongeaient les ongles en attendant la suite J . Alors je n’abandonne pas, non ! et je balance un autre article et pas le dernier pour les vrais lecteurs, ceux qui se donnent la peine de nous lire et que nous reconnaissons rapidement lorsque nous parlons de ce voyage.  Alors un grand merci à la famille, les z’amis et les collègues assidus. Ça fait toujours plaisir de voir une personne qui prend un peu de son temps pour nous lire, car c’est en fait, aussi, une petite reconnaissance pour le travail et le temps que je passe à la rédaction et également une marque d’attention envers nous.

Pour ceux que nous croisons et qui nous demande si notre voyage s’est bien passé et souhaite que nous leur racontions, car ils n’ont pas eu le temps de lire le blog … désolé, mais je ne peux pas raconter 7 mois de voyage, d’escapade, d’expédition, d’évasion, d’aventures, d’incidents, de péripéties, de nature, de beauté, de partage, de rencontres, d’humanité, de sensation, d’émotion, d’enthousiasme, de saisissement, de générosité… Nous avons essayé, via ce blog, de retranscrire au mieux la réalité du quotidien d’une famille Française découvrant, tout en essayant de comprendre, le monde qui l’entoure… Si vous voulez vraiment comprendre et vivre à nos côtés cette aventure humaine, une seule solution, vous mettre à la lecture.

Bonne lecture … n’oubliez pas, prenez votre petit thé bien chaud, votre plaid et installez-vous confortablement sur votre canapé bien moelleux.

TOMOHON : Le pays « Minahasa »

Tomohon désigne un ensemble de villages de montagne, entourés de forêts et de sommets volcaniques, regroupés dans une même commune. Un cadre époustouflant et un parfait point de départ pour aller à la découverte du « Pays Minahasa ».

Vendredi 25 Mai 2018

Le trajet est entamé dans cette petite voiture où Christelle est entassée à l’arrière, avec les 3 enfants. Pendant qu’ils jouent et comme je suis à l’avant, tranquille, j’en profite pour apprendre intensivement la langue locale (le bahasa indonesia) à l’aide d’un petit manuel et d’autochtones toujours heureux de m’aider dans mon apprentissage. Cette langue, créée pour unifier le pays, à l’image de l’hindi en Inde, a été conçue pour que son apprentissage par le peuple soit facile et rapide. Ainsi, elle n’a ni pronom, ni pluriel, ni temps, un alphabet latin et, par-dessus tout, des sons tout ce qu’il y a de plus mélodieux. Bref, exactement ce qu’il me faut.

Apprendre les langues pour les pays que nous traversons est pour moi indispensable, du moins un minimum. Mais cette langue me parle (pas mal), m’attire plus que toutes les autres et j’ai envie de l’apprendre bien au-delà des quelques petits mots ou phrases essentielles à la politesse. Si l’anglais est une base obligatoire, il n’est pas suffisant. Partager une langue commune, c’est non seulement pouvoir échanger au-delà du « comment t’appelles-tu ? », « quel âge as-tu ? », mais c’est surtout un moyen d’appréhender la culture des pays traversés. La langue n’est pas que le mode d’expression de la pensée, elle la modèle également. Alors je bosse … et je n’hésite pas à demander de l’aide à notre chauffeuse.

Après 4h de route nous arrivons enfin au « Happy Flower » avec ses bungalows et son jardin particulièrement agréable.

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Après notre installation, nous partons en quête du « Indo Maret » (petite épicerie indonésienne) que nous avons aperçu en arrivant. Nous traversons le village en compagnie d’une ribambelle d’enfants, heureux de faire notre connaissance.

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Nous achetons de quoi grignoter ce soir et retraversons le village où à chaque coin de ruelles des : « Lilia, Lilia » retentissent. 2h que nous sommes ici et notre venue a déjà fait le tour de la localité. Notre soirée se passera agréablement avec un petit film sympathique sur le PC tout en grignotant … une ambiance cinéma familial quoi !

Samedi 26 Mai 2018

Après le petit déjeuner je pars en quête de 2 scooters à louer pour nous permettre de nous aventurer dans les alentours qui regorgent de belles choses à voir. C’est peine perdue, je ne trouve rien malgré mes nombreuses demandes aux villageois, aux petites échoppes etc. Je fais connaissance avec Rolex qui se propose de me louer sa « moto » pour la journée, cependant il m’en faut une deuxième. Si j’en trouve une autre, promis je reviens te voir. Au final nous réussissons à trouver 2 scooters mais nous devons les récupérer à 15 min de voiture d’ici à notre charge … et ici la location des scooters coutent 3 fois plus cher que dans les autres villes du pays, autant vous dire que nous n’y voyons pas d’intérêt alors on se débrouillera autrement. Après un petit tour dans la principale rue, nous trouvons sans grande difficulté un mikrolet (petit van légo) que nous apprêtons pour la journée et, petit bonus, le conducteur est un guide officiel de la région, nous profiterons donc de ses connaissances.    

Le marché local de Tomohon

Ici c’est du lourd, c’est l’attraction number one. Un vrai marché typique du pays Minahasa où tout ce qui à 4 pattes se mange à l’exception des tables et des chaises. C’est à 1000 lieux d’un marché local Vendéen. Le poulet est en abondance donc jusque-là tout va bien, mais pas que … car c’est aussi du chien, du chat, du serpent, des chauves-souris, du rat …et j’en passe, qui se trouve sur des plans de travail ou … à terre. Et aussi bien, grillé entièrement au chalumeaux pour enlever les poils, qu’en découpe de viande. Autant vous dire, entre les odeurs de chair et de peaux grillées il faut avoir le cœur bien accroché.

Le volcan Mahawu

Nous accédons facilement à la base du volcan en mikrolet et nous finissons par une petite montée d’une centaine de marches afin de découvrir une magnifique vue sur le cratère, sur la région et sur le volcan Lokon qui fume en arrière-plan. La nature règne en maître ici et ce volcan peut à tout moment se réveiller … et là on devra courir très viiite.

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Des énormes fougères

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Cratère avec arrière plan le Volcan Lokon

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Nous immortalisons ce moment quand un cri surgit à côté de nous avec un drôle d’énergumène sortant du fourré … (notre guide nous informe qu’il porte la tenue traditionnelle du pays Minahasa).

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Allez on bouge, son regard fait flipper et en plus il a sorti sa machette … J

Caldeira de Tondano et son lac

Un petit site bucolique, agréable pour se poser dans un petit restaurant sur pilotis, afin de profiter de la vue, tout en mangeant du poisson frais grillé.

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Danau Linow (lac sulfureux)

Un petit arrêt au petit lac sulfureux qui change de couleur selon la lumière. Un petit coup de balançoire à la sécurité douteuse dans un pneu et voilà que Matti s’envole dans les airs au-dessus du lac … mieux vaut ne pas que ça lâche, au risque de plonger dans une eau bouillonnante.

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Le volcan Lokon (dimanche 27 mai)

Je suis au taquet, il est 6h du mat’ et nous sommes prêts à faire la randonnée pour atteindre le sommet du Volcan Lokon. Je dis « nous » car pour cette randonnée, nous sommes entre garçons (moi, Matti et Ianis), tout en ne sachant pas trop dans quoi je les embarque mais bon … qui vivra verra. Chaussures lassés, bâton pour la marche, petit sac à dos avec eau et gâteaux : « let’s go ! »

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A la base je ne comptais pas me rendre au somment du volcan car d’après le centre de vulcanologie, l’ascension est déconseillée puisqu’il est en activité. Mais hier je me suis renseigné auprès de notre conducteur de mikrolet, qui est guide, et il m’a dit que pour lui, à l’heure actuelle, il n’y avait pas de problème pour monter et qu’en plus il allait certainement s’y rendre aussi.

1km à pied ça use heuuu, ça use heuuu …. 1km à pieds ça use les souliers ! nous marchons sur des chemins, en pleine cambrousse et dans un premier temps notre but est d’atteindre le volcan pour trouver cette fameuse coulée de lave qui confirmera que nous sommes sur le bon chemin.

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on avance, on avance

Les kilomètres s’enchainent et le temps passe … impossible de trouver le chemin pour grimper, la coulée est inexistante et ne comptez pas sur des indications, du balisage ou je ne sais quoi, car il n’y a absolument rien. J’ai réussi à avoir des informations sur le chemin par un autochtone qui m’avait aussi prévenu que ce n’était pas facile à trouver … je ne peux que confirmer. Nous avons rebroussé chemin 3-4 fois pour trouver la bonne route et suivre les quelques indications reçues par des paysans du coin … mais impossible. Au milieu de nulle part nous ferons une rencontre incroyable avec des enfants papous en train de monter sur les cocotiers pour attraper les noix, puis de chasser des oiseaux avec leurs lance pierres.

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une fois de plus on monte mais on rebroussera chemin …

Au bout de 2h de marche, franchement épuisante (Ianis commence à se plaindre), je décide de rentrer mais nous sommes frustrés. De retour « chez nous », avec 3 h de marche dans les pattes, je suis d’une humeur massacrante suite à cet échec. Je fais les 100 pas dans le jardin de la guesthouse, avant de me dire que ce n’est pas possible, que je vais y retourner. Il est 9h, je vais voir le petit jeune qui travaille dans la guesthouse et lui demande en rigolant s’il ne veut pas m’accompagner et me montrer la fameuse coulée de lave, si bien cachée. Et bah, il est d’accord, il est 10h et nous partons (sans les enfants qui sont trop fatigués). Nous en profitons donc pour faire connaissance et se raconter un peu nos vies sur le chemin. Agus (son prénom) est à l’image de beaucoup d’autres personnes rencontrées au hasard du voyage. Notre aventure familiale lui paraît à la fois folle et incompréhensible. Son monde à lui, c’est son village. Il n’en est quasiment jamais sorti et n’y pense même pas. La fin de sa rue est pour lui la fin du monde. Sa vie, c’est la musique, les soirées entre amis et le football. Ces rencontres de gens dont je ne croise la vie qu’un instant sont la base du voyage.

Voyager pour le kiffe est un concept impensable pour la majorité de la population mondiale, trop occupée à tenter de se protéger et à se nourrir. Je me sens franchement privilégier. Certains pourraient bouger, aller voir la vallée d’en face, d’autres ne pourraient même pas l’imaginer, mais j’espère que notre rencontre lui aura apporté un vent d’ailleurs, une idée de ce qui existe au-delà des mers, et des préjugés.

Ah ! nous voilà à la coulée de lave et franchement je me rends compte qu’avec les enfants, nous nous sommes trouvés à un moment donné, juste à côté. C’est donc par ici que nous montons en faisant bien attention car c’est glissant et que c’est un peu de l’escalade. Parfois il n’est pas possible de grimper alors nous nous engouffrons dans cette nature junglesque pour contourner les passages difficiles.

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Pas de place pour le repos et la lenteur, nous sommes en mode « machine » et nous faisons désormais l’ascension chacun dans notre bulle. J’avoue que la lourdeur de mes jambes se fait sentir avec déjà près de 5h de marche (avec mon 1er essai) mais pas de place pour le doute ou pour se plaindre, j’avance. S’il y’a une chose que je suis certain sur moi c’est que pour les défis sportifs, les challenges, les treks, j’ai un mental d’acier.

Et tout cela mérite bien évidemment une récompense : Le sommet est incroyable, le cratère fume avec un énorme sifflement « pshiiiiiiif pshifffff », nous sommes seuls et c’est flippant.

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Je pars m’installer un peu plus loin, m’isoler, pour me reposer et admirer en silence cette nature grandiose d’une force incroyable, je me sens si petit… Contempler ce noble paysage me renvoie à ma frêle condition d’être humain. Je prends un formidable plaisir à voyager pour les rencontres, mais aussi pour découvrir cette nature spectaculaire. J’ai l’impression de grandir. De m’ouvrir chaque jour un peu plus aux autres et surtout à la vie. Je me sens connecté.

Une chose est certaine : loin de me sentir « déconnecté de la réalité », le sentiment qui prédomine maintenant est celui de la connexion à la réalité du monde…

Connexion à moi-même également. Par sa symbolique, ses exigences, ses rencontres, son dénuement et le temps disponible pour la réflexion, la route donne l’impulsion à l’auto-analyse, à l’introspection, au voyage intérieur. Voyager, c’est aussi apprendre à mieux se connaître, à mieux appréhender ses forces, faiblesses et limites ; à mieux savoir ce qui nous anime, nous passionne mais aussi ce qui nous irrite et nous angoisse dans nos vies. Formidable sensation de me laisser imprégner, modeler par ce voyage au gré des rencontres. Ce voyage m’adoucit, me rend plus aimant, plus serein, plus humaniste. Plus je rencontre les gens, mieux j’ai l’impression de me connaître. Le regard des autres est un miroir, c’est celui qui permet de répondre à la question éternelle et essentielle : « Qui suis-je ? »

Connexion aux autres finalement. Voyager c’est rencontrer un nombre considérable de gens tous les jours, que ce soit dans les guesthouses, sur la route, dans les gargottes ou dans les transports. Si cela implique de souvent répéter les mêmes histoires, cela veut surtout dire rencontrer une grande diversité d’hommes et de femmes, chose impossible dans la vie de tous les jours. Du PDG au paysan en passant par des bonnes sœurs, des pécheurs, des enfants, l’adepte de la scientologie, le sportif renommé, le pompier ou l’altermondialiste, chacune des rencontres laisse quelque chose : une sensation, une trace, une vibration, une réflexion. Chacun me laisse un avis, une info sur son pays, ses dirigeants, sur sa croyance, sa passion, sur sa philosophie de vie. Partager quelques minutes, heures ou jours du quotidien de tous ces gens me permet, chaque jour, de gagner un peu plus en empathie, en compassion, de mieux comprendre la formidable diversité de pensée qui existe sur cette planète. Je me rends compte que dans nos sociétés occidentales, nous avons tendance à vivre renfermés sur nous-mêmes, en vase clos. Cette sensation se ressent davantage dès lors que l’on sort de son cadre habituel.

Connexion au monde qui m’entoure. Splendide. La planète est absolument splendide. Depuis 150 jours que nous avons quitté la France, il ne s’est pas passé une journée sans que je sois émerveillé, pas un jour sans que je me rappelle la chance que j’ai de pouvoir découvrir notre monde, pas un jour sans que je me félicite de ma décision de partir. Quelle tristesse eût-il été de passer à côté de tant de beautés en restant chez moi ! Bien sûr, j’aurais pu voir toutes ces beautés à la télévision ou en feuilletant des magazines, mais cela m’aurait juste fait rêver …. C’est tout. Là je suis face à cette réalité, à cette nature, je peux voir, me rendre compte, ressentir des choses incroyables, me laisser envahir par les émotions …

Connexion aux défis planétaires. Fragile. La planète est incroyablement fragile et l’arpenter permet d’en prendre chaque jour un peu plus conscience. Lorsqu’on ne voyage pas, cette fragilité peut paraître lointaine et abstraite : les villes nous coupent de la nature, de nos racines. Les distances nous déresponsabilisent face aux problèmes du monde.

Voyager permet d’avoir une meilleure vision des conséquences de chacun de nos actes, de rendre le monde plus petit, de rendre les distances plus concrètes.

Nous faisons face à un vrai problème de pollution dans les grandes villes asiatiques, nous voyons un véritable problème de déforestation dans certains pays, nous ne vous parlons même pas du plastique … un fléau ! il est impossible de faire 10m sans voir sur les bords de routes des emballages, des bouteilles vides …etc. Nous réalisons aussi l’importance de l’eau, il existe ici très peu de point où l’eau est potable, et dire que chez nous, nous avons de l’eau potable dans nos toilettes… cela me parait tellement inconcevable lorsque je suis ici !!! mais parfois c’est la rareté de l’eau à laquelle nous faisons face.

Il est certain que malgré le fait que nous soyons déjà sensibilisés aux gestes éco citoyens en France, nous le serons davantage à partir de maintenant : utiliser davantage les transports en commun, trier au mieux ses déchets pour favoriser le recyclage, fermer le robinet quand on se savonne pour économiser l’eau et l’énergie, consommer de façon plus responsable, car nous, consommateurs, avons la possibilité de choisir à qui sera reversé le bénéfice de notre consommation …

Enfin bon comme d’hab je m’égare (jfais ce que je veux c’est notre blog J), je suis en haut du volcan et il est désormais temps de faire la marche retour surtout que le ciel s’assombrit un peu.

Au retour, nous préparons nos sacs rapidement et allons manger avant de quitter Tomohon pour rejoindre une fois de plus Manado, à 2h d’ici.

A bientôt pour notre prochaine aventure qui s’avère palpitante, mais je n’en dis pas plus.

Et un énorme merci à ceux qui suivent et lisent nos articles (malgré la longueur parfois).

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5 réflexions sur “Au pied des volcans entourés des lacs

  1. à la lecture de ce nouveau post j’en conclu que vous êtes rentrés , j’espère bien lire malgré tout la suite du voyage car nous sommes devenu addicts à tes récits . amicalement, Jean-Yves.

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  2. Tes récits font toujours rêver.
    Ils donnent envie de découvrir cette formidable nature et toute cette culture si différente d un pays à l autre. Je prévois pour ma retraite…. en espérant que la santé suivra😉

    Aimé par 1 personne

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